Intro & Ier Chapître
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INTRODUCTION

La Première guerre mondiale débute comme une guerre du XIXème siècle tant du point de vue des mentalités que de la stratégie militaire, mais constitue en réalité l’acte de naissance du nouveau siècle. Après la défaite de 1870, l’armée française reconstruit son prestige grâce aux conquêtes coloniales : la consolidation de la colonie algérienne, l’extension des possessions en Extrême-Orient (Union indochinoise), les conquêtes de la Tunisie en 1881, du Maroc en 1911 et de l’Afrique noire. La Grande Guerre fait découvrir aux français la valeur de ses troupes coloniales.
La réorganisation de l’armée s’illustre essentiellement avec la loi du 27 juillet 1872 prévoyant un service militaire obligatoire : c’est le retour à une armée nationale non professionnelle. Tout en gardant leur image, les unités d’élite du Second Empire perdent leur statut du fait de l’égalitarisme républicain, de la conscription et du reniement de cette période. Or, l’archétype de ces unités coloniales est alors le régiment de zouaves. Ces troupes sont anéanties pendant la guerre de 1870, notamment les zouaves de la Garde impériale à Metz. Leur statut de première troupe de l’armée d’Afrique est dorénavant attribué à la Légion étrangère. Pourtant, l’image d’Epinal du zouave perdure jusqu’à nos jours avec son fameux uniforme, dans des expressions telle « arrête de faire le zouave », ou sur des objets (papier à cigarettes).
Les régiments de zouaves qui participent aux premiers combats d’août 1914 ont contribué aux conquêtes coloniales de la IIIème République et surtout en Afrique du nord, lieux de leur garnisons. En 1914, ils portent l’uniforme typique de leur origine nord-africaine avec le serouel et la chéchia. Pourtant, le commandement ne les considère pas comme de bonnes troupes. Mais, au cours de la guerre, les zouaves deviennent des troupes d’assaut , participent et sont le fer de lance de la plupart des grandes batailles. Ils sont parmi les régiments les plus décorés de France et beaucoup d’entre eux ont obtenu la Légion d’honneur.
Nous n’étudions que le 4ème Régiment de marche de Zouaves ; en effet, compte tenu du nombre de régiments de zouaves et de leur divers lieux d’action, il serait ici difficile de faire une synthèse intéressante. Cette étude se présente comme un élément d’un thème plus général.

L’évolution d’une troupe mal considérée par le commandement à une troupe d’assaut pose problème. A priori, les zouaves sont des soldats comme ceux des régiments de ligne habituels puisqu’ils sont conscrits. Le choc des premiers combats et la nouvelle guerre mettent à mal toute l'armée française et en particulier les troupes ayant une grande réputation. Les régiments de zouaves subissent de lourdes pertes dans les premiers mois. La spécificité nord-africaine joue certainement un rôle dans l’évolution de ces troupes au cours de la guerre par leur sociologie et leur caractère. Le renouvellement de la confiance accordée par le commandement s’inscrit dans la réalité des combats et pour des considérations d’ordre plus politique : « la France sauvée par ses colonies ». Cette spécificité a-t-elle eu pour effet d’envoyer ce régiment en première ligne ou bien la vaillance de ses soldats a-t-elle prévalu ? Il faut observer le décalage entre les récits officiels liés aux décorations par exemple et la réalité des événements aux travers des témoignages.
L’analyse de ces problèmes nécessite de nombreux documents. La plupart de ceux que nous utilisons proviennent des archives du Service historique de l’armée de terre (S.H.A.T.) et d’ouvrages imprimés. Peu d’anciens du 4e R.M.Z. ont écrit leurs mémoires sur la guerre. Nous pouvons cependant en trouver au S.H.A.T. sur des périodes courtes ou bien des écrits de personnes ayant combattu aux côtés du régiment et apportant des informations indirectement. Les archives militaires sur les acteurs ne sont pas toujours accessibles à cause de leur non communication avant cent ans pour les papiers concernant les personnes, notamment les archives de la justice militaire. De plus, les registres matricules des soldats sont éparpillés entre tous les centres d’archives départementales, classés par lieux d’habitation du conscrit à ses vingt ans ; et seront réunis et communicables au S.H.A.T. cent vingt ans après la naissance des personnes. L’analyse sociologique du régiment s’avère donc difficile.
Tout d’abord, le 4e régiment de zouaves sera présenté par son passé plus ou moins glorieux : des Zouaves de la Garde du Second Empire au 4e régiment de zouaves cantonné en Tunisie, ses campagnes, ses traditions et son uniforme.
Puis, l’analyse portera sur le début de campagne difficile et anonyme pour le régiment d’août 1914 à juin 1916. De la mobilisation à la stabilisation du front, nous tentons de comprendre le comportement des zouaves lors de ces premiers combats. Nous expliquons la formation du 4e régiment de marche de zouaves. Une sociologie de ce régiment nord-africain nous montre qu’il n’existe pas de spécificité flagrante par rapport aux autres régiments métropolitains.
Dans un troisième temps, l’étude expliquera comment le régiment devient une troupe d’assaut après son intervention dans la bataille de Verdun, et nous présenterons sa nouvelle utilisation par le commandement de la fin de 1916 à la fin de 1917, il participe à toutes les grandes offensives. Nous constatons qu’il devient une valeur sûre. L’étude des comptes-rendus sur le moral et des rapports des commissions du contrôle postal nous montre l’état d’esprit du régiment.
Enfin, les offensives allemandes de 1918 éprouvent durement le 4e Zouaves qui réussit à contenir l’avance ennemie dans les secteurs où il est envoyé. Il a l’honneur de participer à la première colonne française qui entre en Alsace le 17 novembre 1918. Régiment reconnu, il reçoit de nombreuses décorations ; mais les zouaves ne sont pas des soldats exceptionnels, comme cela peut nous le faire penser. La qualité de ses chefs et une volonté politique de mettre en avant les troupes de l’empire colonial explique probablement la célébrité du 4e Zouaves.

PREMIER CHAPITRE : Un passé glorieux.

L’intervention en Algérie en 1830 marque le début d’une nouvelle épopée coloniale française en Afrique et dans le monde. L’une des troupes caractéristique de la légendaire armée d’Afrique est le corps des zouaves. Sa réputation le porte au rang de Garde impériale en 1855 par la volonté de Louis-Napoléon III où les meilleurs d’entre eux sont réunis.
Ce régiment participe à la plupart des campagnes du Second Empire ; anéanti pendant la guerre franco-prussienne de 1870, son drapeau est déchiré pour ne pas être pris par l’ennemi. Les rescapés se réunissent avec d’autres zouaves pour former le 4e régiment de zouaves. Celui-ci intervient sur presque tous les théâtres d’opérations de la IIIe République. En août 1914, le 4e régiment de zouaves possède un héritage glorieux : les traditions des Zouaves de la Garde, sur son drapeau sont inscrits les noms de plusieurs batailles et conquêtes.
Une présentation portera sur la formation des régiments de zouaves, leurs opérations et plus particulièrement celles du 4e jusqu’à la Première guerre mondiale. Nous exposerons ensuite les traditions et insignes du 4e Zouaves (drapeau, uniforme, chansons, ...).


4èmeregimentdezouaves14-18
15/04/03